Les objectifs CLÉO qui s'appliquent à l'exercice de la médecine sous supervision et qui, par conséquent, seront évalués lors de l'examen d'aptitude, Partie I, sont en
caractères gras italiques. Tous les objectifs CLÉO sont visés par l'examen d'aptitude, Partie II.
Les Objectifs CLÉO (Considérations sur les aspects légaux, éthiques et organisationnels de l’exercice de la médecine) et C2LÉO (Considérations sur les aspects liés à la culture et la communication, à la loi, à l’éthique et à l’organisation de l’exercice de la médecine) sont maintenant intégrés dans la version mise à jour des Objectifs d’évaluation de l’examen d’aptitude du Conseil médical du Canada. Les Objectifs CLÉO et C2LÉO pourront toujours être consultés sans que l’on ait à passer par les Objectifs d’évaluation de l’examen d’aptitude jusqu’au début de 2010. Après cette date, il faudra consulter les Objectifs pour y accéder.
This document is also available in English.
CLÉO comprend trois sections distinctes, consacrées respectivement aux aspects légaux, éthiques et organisationnels de l'exercice de la médecine. Bien qu'il y ait un chevauchement considérable des sujets traités dans les trois sections, il est préférable de les étudier séparément et d'établir les concordances nécessaires. Chaque section a été élaborée séparément et apporte un éclairage particulier sur les principes d'une pratique médicale prudente. La réaction à une infraction serait différente selon chacun de ces aspects. Le fait de bien saisir les différences entre le segment ayant trait aux questions de droit, le segment qui touche à l'éthique et celui qui traite des questions organisationnelles vous aidera à tirer le meilleur parti du présent texte.
La bioéthique prend sa source dans la tradition professionnelle, l'approche philosophique et les normes de notre société. Elle se traduit pas des concepts et des principes dont découlent des lignes de conduite ou des codes plus précis adaptés à des situations particulières. Il y a une tendance à solutionner les problèmes d'éthique au moyen de discussions et de débats publics prolongés. En règle générale, c'est la profession qui statue sur les manquements à l'éthique, mais ils peuvent également être un problème qui relève de l'autorité des établissements de soins de santé.
La section légale fait appel aux lois et à la jurisprudence applicables à l'exercice de la médecine. Ces lois sont d'ordre contextuel plutôt que conceptuel. Les législatures fédérale et provinciales en définissent les exigences, ou encore les tribunaux par décisions judiciaires. Le texte traite des dispositions légales en vigueur dans la plupart des provinces, quoiqu'il fasse parfois référence à des lois importantes qui ne s'appliquent que dans certaines provinces désignées. Le médecin qui commence à exercer sa profession devra s'informer des exigences légales spécifiques de la province pour laquelle il détient un permis d'exercice. Toute infraction peut entraîner des poursuites judiciaires.
La troisième section est consacrée aux aspects organisationnels de la pratique médicale. Au Canada, les médecins _uvrent à l'intérieur d'un système de soins de santé complexe. Leurs responsabilités professionnelles sont nombreuses, et ils doivent interagir avec une foule d'autres groupes responsables des divers aspects de la prestation des soins de santé. Cette section a été rédigée en fonction de ce que tout médecin qui débute dans l'exercice de sa profession doit savoir. Les manquements aux normes prévues dans ce domaine peuvent entraîner soit des litiges avec l'ordre des médecins, les tribunaux ou les établissements de santé, soit tout simplement de l'inefficacité et des frustrations.
Le Conseil médical du Canada espère que les candidats connaissent déjà l'essentiel de la matière de ce document, même si elle n'a pas été enseignée comme telle. Pour faciliter la compréhension du fondement de ces objectifs, des références à des ressources clé, sur support papier ou informatique, sont incluses au début ou à la fin de chaque série d'objectifs. Les renvois à des sujets connexes sont regroupés dans l'index.
Veuillez prendre le temps de vous familiariser avec la disposition et le contenu de ce document. Le Conseil médical du Canada recevra avec plaisir vos commentaires et vos suggestions.
ACPM: Association canadienne de protection médicale.
AFMC: Association des facultés de médecine du Canada
AMC: Association médicale canadienne
Aptitude à consentir: Capacité du patient de comprendre l'information qui lui est transmise et qui doit l'aider à prendre une décision. L'évaluation de l'aptitude à consentir est faite par les médecins, parfois avec l'aide de psychiatres et d'autres membres de l'équipe de soins.
Autonomie: Le droit de déterminer et de suivre son propre plan de vie et d'action.
Capacité: Ce terme est souvent utilisé dans le sens de «aptitude à consentir». Dans un sens plus restreint, c'est un terme légal qui dénote le droit conféré par la loi de prendre une décision. Il existe une présomption légale que tous les adultes sont capables et seul un juge peut décider qu'une personne est incapable.
JAMC: Journal de l'Association médicale canadienne
CMFC: Collège des médecins de famille du Canada
Conflit d'intérêts: (Traduction) Ensemble de conditions en vertu desquelles le jugement professionnel concernant un intérêt principal (comme le bien-être d'un patient ou la validité d'un protocole de recherche) tend à être influencé indûment par un intérêt secondaire (comme un avantage financier). (Thompson, D.F. Understanding financial conflicts of interest. New England Journal of Medicine 1993; 329:573-576).
Consentement: Autorisation à un acte médical donnée de manière autonome par un patient. Le consentement suppose la divulgation de renseignements et l'aptitude à consentir; il doit en outre être donné librement.
CRMCC: Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada
Déontologie (médicale): Ensemble des règles qui régissent une profession, la conduite de ceux qui l'exercent, en particulier celles des médecins. Grand Dictionnaire encyclopédique Larousse, 1985.
Discrimination: Action, pratique ou ligne de conduite qui fait une distinction entre des personnes ou qui équivaut à traiter une personne d'une manière différente selon le sexe, l'âge, la nationalité, la religion, la race, les moyens financiers, l'orientation sexuelle, etc.
Divulgation: Transmission par un médecin à un patient de renseignements importants et pertinents à la décision à prendre (et leur compréhension par le patient).
Éthique: Discipline ayant trait aux principes et aux valeurs qui définissent ce qui est bien et ce qui est mal.
Euthanasie: Acte intentionnel visant à mettre fin à la vie d'une autre personne afin d'abréger ses souffrances, l'acte étant la cause du décès.
Fiduciaire: Personne à laquelle des biens ou un pouvoir ont été confiés pour le compte d'une autre personne.
IOV: Infirmières de l'Ordre de Victoria
Justice: Répartitionéquitabledes avantages et des obligations dans une communauté.
LCMC: Licence du Conseil médical du Canada
Liberté du consentement: Droit du patient de prendre une décision de plein gré, sans subir de pressions indues, y compris la coercition ou la manipulation.
CMC: Le Conseil médical du Canada
MAINPRO: (maintien de la compétence professionnelle) Programme du Collège des médecins de famille du Canada qui
régit les exigences de formation médicale continue applicables à ses membres.
MOCOMP: (maintien de la compétence professionnelle) Programme du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada qui régit les exigences de formation médicale continue applicables à ses membres.
Moralité: Mise en pratique des principes éthiques dans la vie quotidienne.
Obligation fiduciaire: Obligation pour le fiduciaire (par exemple, le médecin) de veiller aux intérêts de la personne qui lui en a confié la tâche; une obligation qui exige énormément de loyauté, de fidélité et de confiance.
Profession: (Traduction) Organisation qui réglemente les activités de ses membres (autoréglementation) et qui exerce un contrôle sur leur adhésion par une attestation que les candidats possèdent les connaissances et les aptitudes nécessaires qui, sur le plan moral, doivent être utilisées pour le bien de la société. (Beauchamp & Childress, Principles of Biomedical Ethics, 1994, p. 4-7).
Répartition (et rationnement) des ressources: Allocation de produits et de services à des programmes et à des personnes; le rationnement est l'allocation systématique de produits à des personnes déterminées, dans des situations de pénurie.
Risques matériels: Ceux qui sont fréquents, et ceux qui sont graves, même s'ils sont rares.
Sécurité et inviolabilité de la personne: Droit fondamental de toute personne au respect et à l'intégrité de son corps et de sa personne, sur le plan physique et sur le plan psychologique .
Suicide assisté: Action de causer volontairement sa propre mort avec l'assistance d'un médecin, qui fournit délibérément les connaissances ou les moyens à cette fin.
4.1 La bioéthique
La médecine est une profession éthique. Elle est basée sur des principes éthiques et régie par des codes, à la fois explicites et implicites, ayant trait aux relations des médecins avec leurs patients, leurs confrères et la société en général.
Les candidats doivent bien connaître les codes de déontologie de l'Association médicale canadienne et des provinces, et en comprendre le fondement éthique.
Les principes fondamentaux sur lesquels sont basés les codes de déontologie et qui peuvent être invoqués pour résoudre les problèmes de cet ordre sont, entre autres, le respect de l'autonomie, la justice, la volonté de faire du bien et d'éviter de faire du tort. Les candidats doivent être capables de reconnaître les principes en cause dans l'analyse ou la résolution d'un problème d'éthique.
Les dilemmes d'ordre éthique auxquels font face les médecins sont souvent des questions d'intérêt social ou controversées. Le médecin consciencieux doit être prêt à demander des conseils ou de l'aide dans de telles situations, y compris la participation d'organismes officiels comme les comités d'éthique, afin de trouver une solution dans des situations mettant en cause des principes contradictoires.